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La caméra CarbonBee Agtech alliée des pulvérisateurs Artec contre les adventices

La caméra CarbonBee Agtech

Les pulvérisateurs Artec peuvent désormais être équipés du système de détection d’adventices par caméra développé par la start-up CarbonBee Agtech. Le dispositif permet, par exemple, de réduire de 60 %, en moyenne, la quantité d’herbicides appliqués sur une culture de maïs.

Rien n’échappe à l'œil de la caméra CarbonBee Agtech. « Car ce n’est pas une simple caméra, précise Victor Delaune, responsable grands comptes de la start-up drômoise, mais plutôt un capteur doté d’une intelligence artificielle capable d’analyser des images et de prendre des décisions. » Fixés à la rampe, les optiques scannent la culture en temps réel. Puis l’IA interroge ses modèles statistiques, distinguant rapidement les végétaux indésirables des cultures. Une adventice est repérée ? En moins de 500 millisecondes, ordre est donné à la buse de s’ouvrir, une réactivité garantie par le nouveau système de régulation Dynapulse EVO, développé par Artec, qui autorise des vitesses de pulvérisation allant jusqu’à 18 km/h.

Pour travailler au plus près de la plante, la rampe doit être équipée du système de suivi de sol, proposé par Artec. Les caméras sont installées à 3 m d’intervalle et scrutent la parcelle dès 1,80 m de hauteur depuis le sol. 

Diminuer aussi la phytotoxicité sur les cultures

« Ce type de détection “vert sur vert” répond à un enjeu du désherbage des cultures, reprend Victor Delaune. Il cible très précisément les adventices pour réduire significativement l’utilisation des phytos. Sur l’itinéraire d’un maïs avec trois désherbages, on constate ainsi une moyenne de 60 % d’économie. En betterave, lors du dernier passage sur chardon, ce sont 90 à 95 % d’économie ! » Il devrait, de plus, bientôt être possible de gérer des situations graminées sur graminées, type ray-grass sur blé.

Un désherbage de haute précision réduit, en plus, la phytoxicité pour la culture. « On manque encore de données agronomiques consolidées sur ce point, mais il est permis d’imaginer un potentiel gain de rendement », avance Victor Delaune.

La caméra travaille également en “vert sur marron”, pour une destruction ciblée du couvert d’interculture. Là aussi, la réduction du volume donc du coût des phytos à l’hectare peut être substantielle. Sans compter que, dans un cas comme dans l’autre, moins de produit pulvérisé égale moins de temps passé à remplir la cuve.

Un surcoût 100 % couvert par les subventions 

Délai de retour sur investissement estimé par la jeune pousse CarbonBee Agtech : entre 3 et 4 ans pour une ferme maïsicole de 400 hectares. « Nous manquons encore de recul pour les cultures céréalières mais différents modèles économiques émergent. Le coût des caméras, 2 000 € par mètre de rampe équipé, constitue encore un frein en France. Cependant, notre objectif est, à terme, de diviser le coût par deux. »

Dans un contexte favorable à la préservation de l’environnement, les subventions allouées pour renouveler son pulvérisateur devraient prendre en charge totalement le surcoût de l’équipement. Les exploitations situées en zone de captage pourraient aussi bénéficier d’aides par les agences de l’eau. CarbonBee Agtech promet d’aller encore plus loin. L’entreprise anticipe à court-moyen terme davantage de polyvalence, notamment pour la modulation des apports d’azote ou la détection et le traitement des maladies fongiques.

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